EDITIONS INTERNATIONALES 2025

Convaincu·es de l’urgence de penser collectivement une organisation politique pluriverselle et de construire une écologie politique efficace, nourrie de la diversité des poétiques d’existence, des initiatives locales, des points de vue des marges et d’une mise en commun des savoirs et des pratiques situé·es, Agir pour le vivant entend contribuer, au travers de ces éditions territoriales et internationales, à cette conversation collective.

4e ÉDITION DU 6 AU 11 MAI 2025

La 4ème édition d’Actuar por lo vivo se dessine en Colombie, et se déroulera du 5 au 10 mai prochain, d’abord à Tamesis, puis à Medellin. Le programme se co-construit avec notre partenaire local Comfama, une mutuelle colombienne pionnière dans l’action pour le vivant, avec des programmes de santé, des écoles, des cinémas, des théâtres, des fermes en agroécologie, et des programme pour les entreprises symbiotiques. 

NOUS, EAU ET FORÊT
Pour une nouvelle communauté terrestre

La crise climatique, l’effondrement de la biodiversité ou encore le renforcement des inégalités sociales mettent plus que jamais en lumière la nécessité d’investir des identités planétaires à même de faire émerger ce qu’Achille Mbembe désigne comme une ‘communauté terrestre’.

Depuis les suds globaux, nombres de communautés revendiquent les relations et interdépendances comme socle d’une compréhension du monde qui relie plus qu’elle ne segmente. Chaque corps est traversé par une infinité de vies, de mémoires et de voix qui amènent à bouleverser nos cosmovisions. Nous sommes eau, forêt, montagne ou encore animal. Dans des manifestations partout dans le monde, nous avons pu voir le slogan ‘nous sommes la nature qui se défend’ brandit sur des pancartes et banderoles. Pourtant, une fois que cela est énoncé et que l’on dépasse la dimension clinquante du slogan, comment pouvons-nous prendre à bras le corps ce cri. Dire qu’il n’y a pas de séparation entre les corps humains et autres qu’humains pose des questions politiques, économiques, démocratiques ou encore sociétales très concrètes: quels organismes politiques et systèmes judiciaires seraient à même de représenter l’ensemble des être humains et autres qu’humains qui peuplent les territoires? Comment établir des rapports de paix entre toutes les entités qui composent le monde? Quelles diplomaties? Comment des approches économiques fondées sur la régénération comme celle de vision suroeste ou la transicionada peuvent-elles tisser de nouvelles alliances? Quelle est la place des entreprises dans la transformation de notre rapport à la matière et à l’autre qu’humain?

Cet appel à faire communauté avec la forêt ou la rivière soulève également de nombreuses questions poétiques, philosophiques ou encore spirituelles: Comment métamorphoser nos liens physiques et sensibles à ce qui nous entoure pour expérimenter de manière plus tangible notre appartenance au ‘tout-monde’? Quelle est la place de l’art et du sacré dans nos volontés d’investir pleinement d’autres cosmologies? Comment plonger au cœur de ce qu’Edouard Glissant à désigné comme une ‘poétique de la relation’ capable de révéler toute la puissance des liens qui unissent l’ensemble des corps terrestres? Comment tisser des liens d’amour avec l’autre qu’humain? 

Dans la lignée de l’action menée par Comfama, cette édition du festival aspire à mettre au cœur de son projet les principes de solidarité, de buen vivir et de justice sociale. Cette édition sera également le lieu de pensées prospectives déployant des imaginaires à même de rendre tangible ce que serait une nouvelle communauté terrestre. 

Támesis :

RÉSIDENCE TERRITOIRES VIVANTS : économie, territoire et vivant

Du lundi 5 au mercredi 7 mai à Medellín :

RÉSIDENCE BANQUE DE DÉVELOPPEMENT DE LATAM avec l’AFD & ALIDE

Jeudi 8 mai
NOUS, EAU ET FORÊTS : Pour une communauté terrestre

Vendredi 9 mai
LES RÉVOLUTIONS DU SOIN : Dessiner de nouveaux indicateurs économiques pour une solidarité planétaire ?

Samedi 10 mai
LES VOIX DE LA TERRE : le droit au cœur de l’écologie

1ère ÉDITION 30 MAI - 1er JUIN 2025

Créée en 2013, la Nuit de la Philo est un rendez-vous incontournable de l’Institut français de Tokyo (IFT) qui invite chaque année le public japonais à réfléchir sur des sujets de société à la croisée des arts et de la philosophie. Pour son édition 2025, la manifestation prend de l’ampleur et invite le festival Agir pour le Vivant autour du thème de l’écologie sous le commissariat de Yukiko Shikata.
 
« Changement climatique, catastrophes, asymétries diverses de la société…, nous sommes confrontés à de nombreux problèmes. La science et la technologie, qui se sont développées de façon spectaculaire au cours de ce siècle, façonnent un monde qui sera dépassé par les algorithmes. Dans de telles circonstances, il est plus important que jamais que chacun réfléchisse et partage sur la vie et la survie au quotidien. Le psychanalyste français Félix Guattari a inventé le concept d’écosophie en 1989. Il est urgent de régénérer cette vision à l’ère de l’Anthropocène, selon laquelle l’écologie est appréhendée sous le prisme de trois dimensions : la nature, l’esprit et la société, les trois étant interdépendantes. Pour y parvenir, nous avons besoin d’imagination et de technologie pour détecter et interagir avec les flux humains et non-humains, que ce soit les animaux, les plantes, l’eau, les arbres, le sol ou les données numériques.
 
L’Institut français de Tokyo se situe à la croisée de systèmes d’approvisionnement en eau, d’assainissement ou d’évacuation des eaux, un large dispositif de gestion des flux à Edo, autrefois connue sous le nom de « capitale des eaux ».
 
« Agir pour le vivant 2025 Tokyo » s’appuie ainsi sur l’existence de ce réseau de veines d’eau dans la mégalopole, afin de relier les flux de la nature, des personnes et du numérique, ainsi que les flux spirituels et sociaux à travers l’art, cherchant à créer ainsi un cycle créatif. Une tentative d’amener et de partager l’énergie et la joie du Vivant (vivre, le vivant, la vie) à travers les veines de l’art, entre humains et non-humains. Un espace de liberté permettant de revenir sur l’ancienne sagesse du Japon, qui palpite derrière le Tokyo du XXIe siècle, et de discuter ensemble d’une nouvelle « écosophie » du futur. »

– Yukiko Shikata, Commissaire générale

1ère ÉDITION DU 17 AU 30 SEPTEMBRE 2025

Une première édition brésilienne qui s’inscrit dans le cadre de la saison croisée France Brésil et qui se déroulera en 3 temps:

  • Du 17 au 21 septembre à Sao Paulo: une programmation pluridisciplinaire entre rencontres, débats, performances, ateliers…. co-construits en collaboration avec les SESC autour de l’eau, ses enjeux politiques et poétiques: JUSTICE ET DÉMOCRATIE DE L’EAU: RENFORCER NOS SOLIDARITÉS FUTURES
  • Du 22 au 25 septembre: une programmation parallèle avec le musée Paranaense à Curitiba
  • Du 25 au 30 septembre: une étape de la résidence « Territoire Vivant » dans l’Acre, en partenariat avec Veja, autour des nouveaux indicateurs et modèles permettant d’aboutir à une économie du prendre soin.

Sortir l’eau de son invisibilité politique

Aujourd’hui, l’eau est au coeur des préoccupations : elle se raréfie et constitue l’un des enjeux centraux des luttes écologiques et sociales à mener. Le confort moderne et la gestion techniciste de l’eau ont éloigné les citoyens de ces problématiques, instaurant des mécanismes qui sapent l’autonomie et le libre arbitre des communautés sur leur gestion de cette ressource. 

Au Brésil, l’eau est désormais canalisée, détournée et polluée pour soutenir des économies déterritorialisées—extractivistes, capitalistes et coloniales. Il est donc nécessaire de sortir l’eau de son statut de simple substance inerte ou de ressource appropriable afin d’en révéler toute la complexité. L’eau est un objet politique, une force poétique, une mémoire vivante et une énergie vitale qui circule dans les veines de la Terre. C’est pourquoi nous voulons inviter à une réappropriation citoyenne des enjeux liés à l’eau.

Cette édition cherche à s’immerger dans les multiples dimensions de l’eau. D’un côté, nous explorons les défis politiques concrets : gestion démocratique, reconnaissance juridique des rivières, réinvention de la géographie à travers les bioregions, accès équitable à l’eau face au dérèglement climatique, et compréhension du rôle de l’eau dans le maintien de toute vie sur Terre. Mais nous voulons aussi ouvrir un espace aux cosmologies et cosmopoétiques de l’eau. À quoi ressemble une pensée fluide — une pensée où les frontières entre les corps se dissolvent ? Quelles mémoires s’écoulent le long du Rio Saracura ou viennent s’échouer sur les rives de l’Atlantique Sud ? Une poétique de l’eau peut-elle façonner une vision archipélique du monde ? Pourquoi les communautés marginalisées se tournent-elles vers des imaginaires aquatiques pour inventer des identités hybrides et subversives ?

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